This historic book may have numerous typos and missing text. Purchasers can usually download a free scanned copy of the original book (without typos) from the publisher. Not indexed. Not illustrated. 1837 edition. Excerpt: ...les débordements avaient plus d'une fois détruit l'espoir des cultivateurs qui habitaient sur ses bords. Pour gagner leur vie, Gertrude filait, Pauline glanait dans la saison et tricotait l'hiver. Une chèvre leur fournissait un peu de lait, trois ou quatre poules leur donnaient des œufs; et puis, un boisseau de châtaignes par ci par là, dont on payait de petits ravaudages qu'elles faisaient dans les fermes voisines, quelques fruits en présents, quelques morceaux de lard de loin en loin, tout cela les aidait à gagner doucement le bout de l'année. O vous! que la fortune comble de ses faveurs, la moindre de vos fantaisies coûte plus que l'entretien de Gertrude et de Pauline pendant un an. La bonne femme possédait de petits talents assez rares chez les pauvres paysans de l'Auvergne: elle savait lire et écrire, connaissait un peu d'arithmétique, et n'ignorait aucun genre de couture. Gertrude n'avait pas toujours habité une chaumière; elle avait vu le monde, qu'elle connaissait passablement bien; aussi, grâce à son expérience et à ses soins, sa pupille avait à-peu-près toute l'instruction nécessaire, qu'on peut exiger dans une jeune fille de son âge. On a beau dire, je ne croirai jamais que la nature fait naitre celui-ci sot, celui-là spirituel; qu'un tel est né stupide, et tel autre un génie. A mon avis, l'éducation fait tout, les bons et les méchants, les gens d'esprit et les bêtes; mais j'entends, par éducation, les habitudes, les goûts, les idées que l'on acquiert dès sa naissance: or, cette éducation-là est bien plus importante que celle que l'on reçoit à...
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