Beschreibung
6pp 21cm x 13cm sur trois feuillets, le premier portant le monogramme de l'auteur, 194 lignes. "Plis d'envoi, très légères petites salissures, coin supérieur droit du deuxième feuillet avec petits plis et très petit manque sans perte de texte, troisième feuillet avec déchirure verticale de 5,5cm au bord supérieur et de 0,5cm au bord inférieur et petits plis aux coins droits, sinon très bon état, écriture soignée et très lisible. Ambroise Dupuis, ancien inspecteur des écoles primaires du 8ème arrondissement de Paris devenu rentier, était Sergent-Major à la 8ème Légion de la Garde Nationale. Dans ces fonctions, il avait échappé de peu, le 28 juillet 1835, à l'attentat de Fieschi contre Louis-Philippe, venant de permuter de place avec un Sergent qui fut décapité par l'explosion. Lors de l'insurrection du 23 au 26 juin 1848, survenue suite à la fermeture des Ateliers nationaux décidée par la Commission exécutive de la IIème République, 4000 insurgés, 800 militaires et 800 gardes nationaux ont été tués. Ambroise Dupuis écrit longuement à son frère (Philippe, pâtissier-traiteur à Grenoble) le 12 juillet: "(…) Le massacre de la St Barthélémy, la révolution de 93, celle de 1830 et celle du 24 février dernier (…) ne sont rien comparativement à ce qui vient de se passer dans Paris, principalement dans notre quartier et surtout dans notre maison, Place des Vosges, 6 (…). (Le 23 juin), à 4 heures du matin, j'ai reçu l'ordre de commander 30 hommes pour garder la Mairie (…) Les insurgés tiraient sur tous ceux qu'ils rencontraient en uniforme (…) Le marchand de vin, chez lequel je me suis réfugié, m'a fait déshabiller, m'a prêté une redingote, une cravate et un bonnet rouge (emblème de la République) (…). Le lendemain, un bataillon du 18ème Léger, fort de 400 hommes, accouru au secours de notre Mairie, venait d'y prendre position" (il décrit le combat avec les insurgés qui se sont emparés du premier et du deuxième étage). "Une autre bande d'insurgés, pénétrant dans l'impasse Guémenée (tu sais que les croisées de notre salon donnent sur cette impasse) mettent le feu à la petite porte de derrière de notre maison (…) Une grêle de balles pleuvait sur nous (…). Notre concierge, voyant que l'incendie gagnait les écuries et qu'on tirait sur les locataires, a ouvert une petite porte pour favoriser l'entrée des insurgés. Arrivés dans la cour, ils se sont battus avec rage, ont tué un capitaine, un lieutenant et plusieurs soldats du 18e Léger (…) Les insurgés ont pris possession de la Mairie (…). Les insurgés (…) sont venus chez moi au nombre de 5, tous armés, me forcer de marcher avec eux, et exigeant que je mette ma tunique pour faire accroire que la garde nationale était de leur côté (…) Un des 5, faisant partie de ma compagnie, leur dit que j'étais son sergent-major et un bon enfant (…) je leur donne un fusil appartenant à la légion et ils s'en vont en disant que j'étais un bon garçon, (…) qu'ils me protégeraient". D'autres insurgés suivent… il leur remet 18 sabres. "Les insurgés se sont battus longtemps en face de notre impasse qui aboutit rue St Antoine. Je les voyais ces malheureux se battre avec férocité. A une barrière défendue par 80 hommes s'est présenté un détachement de 91 soldats, ils ne sont restés que 9. Tous les officiers ont été tués." Il décrit les dégâts dans le quartier, la barricade où ont été tués le Général Négrier et l'Archevêque de Paris et cite un projet de décret que l'on a trouvé, écrit au crayon, qui rétablit notamment la Constitution de 1793; il ne peut plus retirer l'argent qu'il avait déposé à la caisse d'épargne, etc… Le 6, Place des Vosges, actuelle Maison Victor Hugo, était l'immeuble où habitait l'écrivain depuis 1832; il y occupait au deuxième étage un appartement de 280m avec son épouse Adèle et leurs quatre enfants et y accueillait tout ce que Paris comptait de célébrités littéraires et politiques. Il était absent de chez lui lors des événements. Dans "Choses vues. Le temps présent", il écrira que les insurgés on. Bestandsnummer des Verkäufers 13666
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